Interview de Franck DUMANCHE, scénariste de la série BD '' le réseau papillon ''

Mis à jour : 11 juin 2019

#INTERVIEW #SCENARISTEBD #LERESEAUPAPILLON




Le 5 avril prochain est une double occasion de parler du travail de Franck DUMANCHE, scénariste de bandes dessinées.


En effet, ce sera les "48h de la BD", et vous pourrez découvrir en librairie le tome 1 de sa série BD "Le Réseau Papillon" pour la modique somme de 2euros! Par la même occasion, la même semaine, est prévue la sortie du 3ème tome de la série.




Corner BD: Bonjour Franck, merci de nous accorder un peu de ton temps. Parlons d'abord de toi. Quel est ton parcours, comment es-tu arrivé à la bande dessinée?


Franck DUMANCHE: Je suis toulousain d’origine et je vis depuis une bonne quinzaine d’année sur bordeaux. J’ai un master de chinois et je suis comme tous les auteurs, passionné de BD, mais aussi de manga, romans… je ne passe pas un jour sans un livre entre les mains. J’ai toujours écrit dans mon coin, et puis j’ai eu l’occasion de montrer mes textes à une petite maison d’édition bordelaise qui a publié deux livres illustrés. J’ai eu envie de plus, et je me suis mis à la BD, car c’est un support qui permet de raconter plus de choses.

Corner BD: Avant de parler du "Réseau Papillon", parles-nous des gens avec qui tu travailles; illustrateur, coloriste, maison d'édition. Si tu veux bien nous les présenter, et nous dire comment vous avez été amenés à travailler ensemble.


Franck DUMANCHE : J’ai monté le projet du Réseau Papillon avec un premier dessinateur en 2016 (Alain Julié, le dessinateur des vélomaniacs) et nous l’avons proposé à plusieurs maisons d’éditions qui ont refusé le projet. Un seul, Jungle en la personne de Moïse Kissous, a été emballé par l’histoire mais pas par les dessins. Après une longue discussion, Alain m’a gentiment poussé à trouver un autre dessinateur car il croyait lui aussi à ce projet. Je lui en suis éternellement reconnaissant, car il avait bossé trois mois dessus pour rien au final. Il fallait que je trouve quelqu’un d’autre. J’avais rencontré Nicolas Otéro en 2015 au salon du livre de Paris et on avait bien accroché. Il était à l’époque déjà intéressé pour faire de la jeunesse. Il s’est proposé, et ça a matché. Le projet était lancé d’abord sous la direction d’Héloïse Ragot pour le tome 1&2, et pour le tome 3, c’est Anne Charlotte Velge qui a repris le flambeau, avec un grand professionnalisme. Les couleurs sont faites par Vérane Otéro, l’épouse de Nicolas. Elle est absolument talentueuse.

Corner BD: Nous y sommes! :-) "Le Réseau Papillon". Dis nous tout. Enfin autant que possible! ^^ Admettons que les personnes qui nous lisent découvrent la série en lisant notre petite interview, alors on va partir de zéro. On est donc en 1940, en pleine organisation de la Résistance, et on va suivre les péripéties d'une petite bande d'enfants d'une douzaine d'années. C'est bien ça? Dis nous comment te sont venues tes idées et informations pour le thème et le scénario. Tes petits héros, quelles sont leurs personnalités, comment as tu prévu de les faire évoluer dans la série?


Franck DUMANCHE : C’est bien ça. Le thème de la résistance était important pour moi, car il remonte des souvenirs de famille (mon grand-père était résistant) et toutes ses notes m’ont aidé à façonner l’univers et quelques événements de la série. Je voulais d’une certaine façon, lui rendre hommage, lui qui était si discret sur cette période de sa vie. La bande est composée de quatre personnages : Gaston, le Chef, qui est plutôt le casse-cou de la bande, Elise, la seule fille, qui veut montrer qu’elle sait faire aussi bien que les garçons, François, le plus doux et le plus maladroit et enfin Edmond, l’intello de la bande, qui passe son temps à lire. Chacun à son caractère bien défini, mais ils vont grandir et évoluer dans la série, notamment face aux horreurs de la guerre. Mais tout cela reste dans un côté fictif. Le but de cette série n’est pas tant de raconter l’histoire, mais de raconter des histoires durant l’Histoire. J’essaye de montrer les actes résistants qui existaient à cette époque, prolongés par le biais du cahier pédagogique en fin d’album.

Corner BD: En tant que libraire, quel est le type et l'âge du public auquel je peux proposer la série?


Franck DUMANCHE : C’est un album qui est ciblé pour les 9-14 ans, mais qui est destinée aussi bien pour les filles que pour les garçons. Ce n’est pas parce qu’on parle de la guerre que c’est genré.

Corner BD: Le tome 3 arrive dans quelques jours maintenant, peux tu nous dire si tu travailles déjà sur le tome 4, et si tu sais combien de tomes tu prévois pour la série?

Franck DUMANCHE: Non je ne travaille pas encore sur le tome 4. Cela dépendra malheureusement des ventes du tome 3, même si je sais déjà le thème et plus ou moins ce qui va se passer. Malgré le fait qu’il y ait un fil rouge, chaque histoire est prévue pour se terminer en un seul album. Le nombre de tome dépendra également des ventes. Plus il y aura de lecteurs, plus la série sera longue.

Corner BD: Une dernière petite question, peux-tu nous dire si tu travailles actuellement sur d'autres projets en parallèle?


Franck DUMANCHE: Oui, je travaille sur plusieurs projets, mais qui sont encore top secret… je ne peux rien dévoiler tant que rien n’est signé. C’est un travail de longue haleine qui dans 80% du temps ne débouche sur rien. Il faut écrire l’histoire, trouver le dessinateur disponible et intéressé, monter le projet ensemble, l’envoyer aux maisons d’éditions et attendre les réponses. On a l’impression d’être sur des montagnes russes : on passe de l’excitation de faire le projet à l’amertume des réponses négatives qui sont nombreuses. Mais c’est le jeu.



Corner BD: Merci à toi pour toutes ces réponses, maintenant il ne nous reste plus qu'à attendre la semaine prochaine! Et d'ici peu, on reviendra sur la série en proposant un petit article comme on en a l'habitude au sujet des 3 tomes :-) Si tu as un dernier petit mot pour nos lecteurs, n'hésite pas :-)


Franck DUMANCHE: Merci à toi également. Je remercie tous les lecteurs du Réseau Papillon de nous suivre. C’est toujours un plaisir de les voir apprécier notre travail. C’est une belle récompense.